Auteur/autrice : Jean-Maxime St-Hilaire

Tartopom, verger biologique

Tartopom : un verger biologique à Rougemont

Tartopom, verger biologique

Depuis plus d’une décennie déjà, Ginette Bouchard et Roger Labonté prennent un soin jaloux des 1200 pommiers et de la cinquantaine de poiriers du verger Tartopom à Rougemont. Ce petit verger de 6 hectares est une entreprise familiale pour laquelle frères, sœurs et enfants s’investissent pour offrir des fruits de grande qualité à leurs clients. La passion des producteurs pour une culture respectueuse de l’environnement et de la qualité de leurs fruits les a menés tout naturellement, il y a cinq ans, à transformer ce verger conventionnel vers un verger 100 % biologique. Une décision audacieuse qui fait aujourd’hui la distinction de Tartopom.

Un verger pour accueillir du monde

Déjà dans sa jeunesse, Ginette Bouchard venait cueillir des pommes à Rougemont et caressait le rêve d’être propriétaire d’un verger. En 2010, ce rêve est enfin devenu réalité ! Même s’ils n’avaient pas de connaissances préalables en agriculture ou en arboriculture, Ginette Bouchard et Roger Labonté se sont lancés dans l’aventure pour une simple et bonne raison. « Nous, on a un verger pour recevoir du monde », nous dit madame Bouchard. Notre objectif, lors de l’achat du verger, était d’offrir l’autocueillette dans un cadre chaleureux et familial. « Chez Tartopom, les personnes qui vous reçoivent sont des gens qui travaillent réellement dans le verger et qui connaissent très bien le métier de producteur fruitier », souligne la copropriétaire.

Un virage biologique pour répondre aux attentes de la clientèle

De plus en plus de consommateurs québécois s’intéressent à la production d’aliments biologiques et à l’achat local. Ce constat facilite la transition vers une production biologique et répond à l’un des objectifs du couple de producteurs d’accueillir encore plus de clients. Leurs efforts ont porté fruit, c’est le cas de le dire, puisqu’aujourd’hui le verger Tartopom accueille une nouvelle clientèle lors de la saison de l’autocueillette des pommes et des poires à la fin de l’été. « En 2019, après avoir reçu notre certification biologique, nous avons doublé notre clientèle en une seule année ! », souligne Ginette Bouchard. Deux ans plus tard, le verger accueille quatre fois plus de visiteurs. « Nous sommes heureux de voir que nos efforts rapportent ! », s’enthousiasme la productrice.

Les défis d’un verger biologique

Et des efforts, ça en demande pour être certifié biologique ! Le plus grand défi vis-à-vis l’exploitation d’un verger conventionnel est l’interdiction de recourir à plusieurs pesticides. Pour protéger leurs fruits des insectes nuisibles, les producteurs doivent faire appel à de nombreuses stratégies qui leur demandent beaucoup plus de temps et de patience.

Les producteurs ont dû appliquer les normes et les procédés biologiques pendant 3 ans avant même de recevoir leur certification officielle. Pour Tartopom, c’est l’organisme à but non lucratif Québec Vrai qui lui délivre sa certification de verger biologique. Pour la conserver, le verger doit être inspecté chaque année pour assurer son respect des exigences de la licence. Les propriétaires doivent également présenter annuellement un dossier à Québec Vrai dans lequel ils recensent tous les produits qu’ils ont utilisés dans le verger au cours de l’année précédente. Tartopom a toujours eu un excellent dossier année après année.

Les stratégies utilisées pour protéger un verger bio des insectes nuisibles

Pour combattre l’hoplocampe des pommiers, les producteurs bios doivent installer des assiettes blanches dans le verger pour y attirer les insectes et protéger les fleurs de pommiers. Entre 800 et 1000 assiettes encollées doivent être installées dans le verger. Ce processus nécessite plusieurs jours de travail.

Pour combattre le Carpocapse des pommes et des poires, Ginette Bouchard et Roger Labonté utilisent des diffuseurs de phéromones. Ces dispositifs diffusent l’odeur de la femelle du carpocapse partout dans le verger pour confondre le mâle qui ne peut trouver sa partenaire. De cette manière, il n’y aura pas d’accouplement, donc pas d’œufs et de larves dans les pommes.

Une autre pratique nécessaire pour protéger les fruits des insectes nuisibles dans un verger biologique est de blanchir le verger. En effet, pour les protéger du charançon de la prune, les arbres sont recouverts d’argile pour les rendre moins attrayants à l’insecte. Cette pratique empêche qu’une larve ne s’installe dans la pomme et qu’elle tombe au sol.

Le déploiement de ces stratégies a déjà débuté et se continuera au cours des prochaines semaines. Madame Bouchard reconnait qu’il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour préparer son verger pour la prochaine saison. C’est la passion d’offrir des fruits 100 % biologiques à leur clientèle qui motive les propriétaires de Tartopom à mettre tous ces efforts dans leur verger. L’entreprise demeure à ce jour le seul verger 100 % biologique de Rougemont.

Une savonnerie de Rougemont s’illustre pendant la pandémie !

Lise Tanguay, propriétaire d’Aurélie Savonnerie Artisanale.

Aurélie Savonnerie Artisanale a développé une expertise pour traverser les crises ! Après avoir ouvert ses portes en 1998, tout juste après la crise du verglas, la savonnerie a su innover pour tirer avantage des opportunités d’affaires que la pandémie de Covid-19 a créées. Lise Tanguay, propriétaire de la savonnerie Aurélie, nous raconte son année 2020, exceptionnelle dans tous les sens du terme.

L’épopée du gel désinfectant

Tout débute au début du printemps, lorsque la Covid-19 frappe aux portes du Québec. La province connait une pénurie de gel désinfectant. « C’est à ce moment que plusieurs personnes autour de moi m’ont demandé si je pouvais produire du gel désinfectant à la savonnerie », nous dit Lise Tanguay, « Puisque j’avais déjà tous les ingrédients en stock, le lendemain j’avais produit mon premier lot ! » À partir de là, la demande a été exponentielle.

Autant les résidents de la région que des gens de l’extérieur se sont précipités à la savonnerie pour mettre la main sur le produit, les commandes en ligne ont explosées et plusieurs entreprises ont passé des commandes. C’est tout d’abord le Dépanneur Rougemont qui a commandé du gel désinfectant pour le vendre sur ses étalages. Ensuite, ce sont les Home Hardware de Marieville et de la région de Montréal qui ont contacté Lise Tanguay pour commander d’immenses quantités de désinfectant. « Nos gels désinfectants ont été tellement populaires qu’ils se sont retrouvés partout au Québec, de la Montérégie au Bas-du-Fleuve, et même jusqu’à Toronto ! »

Une fois qu’on essaie le gel désinfectant d’Aurélie Savonnerie Artisanale, on ne veut plus en utiliser un autre ! Tous ceux qui en ont acheté reconnaissent que c’est un gel de qualité qui ne crée aucune réaction désagréable sur la peau, comme rendre les mains rouges par exemple. « Plusieurs entreprises nous en achètent encore aujourd’hui parce que leurs employés ne veulent pas utiliser un autre désinfectant que le nôtre », raconte la propriétaire de la savonnerie. En plus, il s’agit d’un produit local fabriqué entièrement à Rougemont.

L’engouement pour l’achat local

Les succès de la savonnerie lors de la première vague de Covid-19 lui ont ouvert énormément de nouveaux marchés. La savonnerie est maintenant le fournisseur de produits de soin et de massage pour plusieurs entreprises québécoises. La savonnerie Aurélie produit aussi des savons et des déodorants pour des marques privées qui souhaitent offrir des produits locaux à leurs clients.

Cet engouement renouvelé pour l’achat local est également vrai chez les consommateurs ! En 2020, près de 80 % des clients de la savonnerie étaient des visiteurs provenant de l’extérieur de la région de Rougemont. Ces nouveaux clients étaient tous impressionnés par l’offre exceptionnelle de produits en boutique : « Les gens pensent que puisqu’on est une savonnerie, on ne fait que du savon pour le corps et les mains », affirme Lise Tanguay, « alors que dans les faits, on produit sur place des savons pour laver les légumes, des relaxants musculaires, des sels pour combattre le rhume, des produits pour bébé, des déodorants naturels et bien plus ! » Les clients peuvent même se procurer, en boutique seulement, des « kits » et des ingrédients pour pouvoir fabriquer eux-mêmes des bombes de bain, des savons et des crèmes à la maison.

Une leçon de résilience

Lorsqu’on demande à Lise Tanguay si elle a un conseil à donner aux entrepreneurs québécois à la suite de son expérience, elle nous répond sans hésiter : « Oser innover et foncer ». C’est exactement ce qu’a fait Aurélie Savonnerie artisanale durant la pandémie, alors qu’elle a su faire preuve de résilience en « se revirant sur un 10 cennes » (comme le dit l’expression consacrée) pour offrir rapidement un produit en forte demande. Cette résilience a permis à la savonnerie de prospérer à travers la crise pour en ressortir plus forte aujourd’hui.

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Notre adresse

Rougemont (Québec)
61, chemin de Marieville
J0L 1M0

Rougemont est reconnue Capitale de la Pomme depuis de nombreuses années. Elle est d’ailleurs d’une beauté remarquable lorsque ses milliers de pommiers sont en fleurs au mois de mai. À l’automne, ce sont ses pommes qui attirent tous les regards!

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