Auteur : Michel Dumais

Bleuets Bleuets

Les petits fruits de Rougemont : trésors de la nature

Le matin, sur vos rôties, préférez-vous les confitures de fraises ? À moins que ce soit celles aux bleuets ou encore à la camerise ? À Rougemont, de nombreux producteurs artisans vous offrent leurs produits, tirés des petits fruits que la nature nous propose et qui font le bonheur de tous. Déguster des petits fruits ? Une tradition qui remonte aussi loin que du temps où les Premières nations peuplaient le pays.

Le répertoire du patrimoine québécois nous apprend qu’à son premier voyage en 1534, Jacques Cartier remarqua à quel point les petits fruits étaient abondants sur ces nouvelles terres. Les Premières nations, principalement les femmes et les enfants, y récoltaient groseilles, fraises, framboises et bleuets.

Les petits fruits marquent le rythme des saisons. En effet, si l’apparition des premières fraises des champs annonce le début de l’été, la récolte des bleuets et les mûres elle, signale l’arrivée prochaine de l’automne.

Confiture

Une industrie fruitée

Aujourd’hui, sur les chemins de Rougemont, les artisans entrepreneurs tels la Fruiteraie des Gadbois, le Verger Cammia, le Potager Mon-Rouge, le vignoble Coteau Rougemont ou le Verger Micheline et Jacques Despots cultivent et transforment ces fragiles, mais si délicieux petits fruits tandis que le Bar Laitier local et la boutique Si Henry savait les utilisent pour confectionner leurs desserts.

De plus, les visiteurs qui viennent admirer les beautés du paysage rougemontois peuvent aussi explorer les champs et les vergers chez les producteurs locaux qui offrent de faire de l’autocueillette. Un plaisir qui ne se dément pas.

Découvrir la cerise de terre

Chez Micheline et Jacques Despots du verger du même nom, on produit « depuis plus de 30 ans ce petit fruit que les Québécois ont appris à aimer et consommer ». Si la fraise, la framboise et le bleuet font partie de notre quotidien, la cerise de terre elle, s’est fait connaître grâce au travail des artisans producteurs de Rougemont. Pour Micheline Despots, « une fois que l’on goûte ce petit fruit, qui a la particularité d’être emballé, on y revient toujours. »

Gorgée de soleil, la cerise de terre se mange nature ou en confiture sucrée naturellement. Fin août, début septembre, c’est le moment où on la récolte.

Cerises de terre

Meilleurs que ceux du Saguenay ?

À la fruiterie des Gadbois, on retrouve, outre le verger, une bleuetière qui accueille tous les membres de la famille qui veulent pratiquer l’autocueillette. Et on y entend d’étranges rumeurs, comme celle qui veut que dans les bonnes années, deux bleuets suffisent pour faire une tarte.

Sans vouloir lancer une guerre régionale sur les vertus de l’un et de l’autre, Vincent Gadbois de la Fruiteraie des Gadbois nous explique que « sa bleuetière offre aux visiteurs de récolter plusieurs cultivars du petit fruit bleu », ce qui lui permet de commercialiser ses premiers fruits dès juillet pour terminer la saison en septembre.

Sa grande fierté est sans aucun doute l’utilisation d’un immense filet qui recouvre ses champs. « Le filet protège la bleuetière de la gloutonnerie des oiseaux et laisse la nature faire son œuvre, c’est-à-dire de permettre aux bleuets de se gorger de soleil afin d’atteindre leur pleine maturité… et obtenir un goût exceptionnel. »

La culture émergente de la camerise

Au Verger Cammia, la camerise y tient la vedette. Méconnue du grand public, les dernières années ont vu ce petit fruit allongé gagner en popularité avec ses saveurs subtiles de framboise, de bleuet et de cassis.

« Et en plus, de dire Ariane Bonneville-Hébert, copropriétaire du verger, c’est très souvent le premier petit fruit à faire son apparition sur les tablettes des marchés publics. Avant même les fraises. »

Au Verger Cammia, le passage du bleuet à la camerise s’est fait naturellement. « Nous recherchions un petit fruit moins fragile que le bleuet, avec autant de goût et qu’il était possible de commercialiser plus tôt en saison. Et nous avons découvert la camerise. » Un fruit qui regorge de saveurs et qui renferme plus d’antioxydants que le bleuet.

Aujourd’hui, on retrouve la camerise et ses produits dérivés au verger sous forme de confitures, de muffins et des tartes. « À moins de la manger nature ou de l’intégrer à un bon yaourt. »

Camerise

Revivre la tradition à Rougemont

Il fut un temps, lorsqu’au début du siècle, le Québec vivait sa ruralité, on « allait aux fraises ou aux bleuets » en famille afin de cueillir le petit fruit pour en faire gelées et confitures en vue de la saison froide.

Venez revivre cette tradition en visitant les artisans producteurs de Rougemont. L’accueil y est généreux et au fur et à mesure que la saison avance dans le temps, les étals des producteurs regorgent de ces produits que la nature nous offre. Faites provision de petits fruits ou une fête entre amis en les dégustant frais du jour, avec un mousseux ou un rosé acidulé.

Le bonheur consiste en très peu de choses disait le poète : quelques fruits, du vin, des amis. Rougemont vous offre tout cela et plus.

La floraison 2020

Chaque pomme est une fleur qui a connu l’amour
– Félix Leclerc

Le vétéran artisan Michel Jodoin, de la cidrerie du même nom, est intarissable lorsqu’il parle de la pomme et de son cidre produit dans la région de Rougemont. Au point de citer le poète Félix. La floraison exceptionnelle dont nous serons témoins au cours des prochains jours est une étape cruciale dans la production de la pomme. Rougemont ville en fleurs soit, mais plus que jamais, capitale de la pomme.

Michel Jodoin
Michel Jodoin, artisan

Pour Michel Jodoin, « si la floraison était un indice boursier, les prédictions sur le rendement des vergers de Rougemont seraient en hausse constante ». D’ailleurs, les experts et artisans de la région de Rougemont sont unanimes : la floraison 2020 s’avérera sans doute gage d’une récolte exceptionnelle cet automne.

Benoit Bouthillier du Verger Trois Pommes l’affirme d’entrée de jeu : la floraison est l’étape la plus importante dans la vie d’une pomme, la « pierre angulaire de la saison ». Que la température ne coopère pas, et c’est la récolte qui compromise. « Si ça gèle, la quantité et la qualité ne seront pas au rendez-vous ». Mais une pollinisation exceptionnelle peut être une arme à double tranchant.

Éric Vincent
Éric Vincent

En effet, une surproduction demandera de la part du pomiculteur de consacrer du temps à éclaircir les branches des fruits en devenir de trop. Pour Éric Vincent, connu dans la région sous le nom du Cidrologue, « éclaircir est un art. Trop de pommes et l’artisan se retrouvera avec des fruits qui n’atteindront pas une taille optimale. Et c’est sans compter sur l’épuisement de l’arbre qui devrait prendre une pause l’année suivante. »

Mais les prochains jours, qui s’annoncent radieux, permettront aux abeilles louées auprès des apiculteurs de la région de maximiser la pollinisation. Petit détail peu connu du public, les apiculteurs tirent une grande partie de leurs revenus annuels en louant à des producteurs de pommes, mais aussi de bleuets et de canneberges, leurs ruches.

Benoit Bouthillier
Benoit Bouthillier

Une fois la floraison terminée suivront les prochaines étapes de la vie d’une pomme, soit le « calice », cet état qui suit la floraison alors que les pétales, sous l’effet du vent doux du printemps, tombent par terre. Et la « nouvaison », ce moment magique où le fruit se forme sur la branche de l’arbre.

Mais une floraison exceptionnelle comme celle de cette année est-elle gage d’une production de pommes et de cidre sans pareil ? Selon nos trois experts de la pomme, malheureusement non. Le goût du fruit et de son jus alcoolisé sont plutôt tributaires de la température, de l’ensoleillement et de l’enrichissement du terreau.

Quoi qu’il en soit, tous sont d’accord sur un point : nul doute que l’incroyable spectacle éphémère de 500 000 pommiers en fleurs fera courir les visiteurs vers les chemins bucoliques de Rougemont. Il reste encore quelques jours aux visiteurs pour voir de visu un des plus beaux spectacles de mère Nature nous offre. Et tant qu’à être sur place, pourquoi ne pas en profiter pour se payer une bonne bouteille de cidre?

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Notre adresse

Rougemont (Québec)
61, chemin de Marieville
J0L 1M0

Rougemont est reconnue Capitale de la Pomme depuis de nombreuses années. Elle est d’ailleurs d’une beauté remarquable lorsque ses milliers de pommiers sont en fleurs au mois de mai. À l’automne, ce sont ses pommes qui attirent tous les regards!